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Renault 4CV : La motte de beurre qui a fait chier Ferdinand Porsche

On est au début des années 40, la France est occupée, et dans un bureau discret de l'usine Renault, des ingénieurs risquent littéralement leur vie pour dessiner une petite voiture jaune. Une voiture qui va révolutionner l'automobile française et qu'on va surnommer "la motte de beurre". Et quand je vous dis qu'ils risquaient leur vie, c'est pas une figure de style - développer une nouvelle voiture sous l'occupation allemande, c'était formellement interdit.

Pourtant, cette petite rebelle va devenir la première voiture française à dépasser le million d'exemplaires, transformer un résistant rescapé de Buchenwald en patron visionnaire, et même faire chier Ferdinand Porsche au point qu'il finira en prison. Aujourd'hui, je vous raconte l'histoire de la Renault 4CV.

Renault 4CV : La motte de beurre qui a fait chier Ferdinand Porsche - Slide 1
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Renault 4CV : La motte de beurre qui a fait chier Ferdinand Porsche - Slide 11
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La conception clandestine (1941-1944)

Imaginez la scène : on est en 1941, la France est sous la botte allemande, et Wilhelm von Urach, l'administrateur allemand qui contrôle Renault, a été très clair - aucune nouvelle voiture particulière ne doit être développée. Point final. Mais dans les bureaux d'études de Billancourt, deux ingénieurs décident de jouer avec le feu : Fernand Picard et Charles-Edmond Serre.

Ces deux-là, ils ont une idée folle : concevoir en secret une petite voiture populaire pour l'après-guerre. Le projet porte le nom de code "106E" et je vous jure que c'est du niveau résistance. Parfois, ils cachent même leurs plans à Louis Renault lui-même, de peur qu'il ne balance tout aux Allemands par opportunisme ou par contrainte.

Et puis un jour, catastrophe. Von Urach voit passer un prototype vert dans la cour de l'usine. Il interroge Fernand Picard qui, sans ciller, lui ment en pleine face. "Une nouvelle voiture ? Quelle nouvelle voiture ?" Le soir même, Picard fait repeindre le prototype en noir pour effacer les traces. Du sang-froid à l'état pur.

Pendant trois ans, ils vont ainsi développer leur bébé dans l'ombre, planquant les plans, maquillant les prototypes, et priant pour que leur secret ne soit jamais découvert. Parce qu'au-delà de leur projet, c'était leur vie qui était en jeu.

L'arrivée de Pierre Lefaucheux - Le résistant qui va tout changer

1944, la Libération arrive enfin. Louis Renault est arrêté pour collaboration et meurt en détention. L'État français nationalise l'entreprise et cherche quelqu'un pour la diriger. Et là, ils font appel à un homme extraordinaire : Pierre Lefaucheux.

Cet homme, je dois vous raconter son histoire parce qu'elle est dingue. Résistant de la première heure, Lefaucheux est arrêté par la Gestapo en juin 1944 et déporté à Buchenwald. Normalement, son histoire s'arrête là. Sauf que sa femme, Marie-Hélène, n'a pas dit son dernier mot.

Cette femme, elle a des couilles en acier. Elle débarque chez un gradé de la Gestapo à Nancy et arrive - je sais pas comment - à le convaincre de l'innocence de son mari. Et vous savez ce qu'elle fait ? Elle l'emmène en voiture jusqu'au camp pour faire libérer Pierre. Vous imaginez ? Elle conduit jusqu'à Buchenwald avec un officier allemand pour récupérer son mari. C'est du jamais vu.

Lefaucheux sort donc vivant de l'enfer et devient en 1945 le premier PDG de la Régie Renault. L'homme qui va transformer une entreprise ruinée en géant industriel. Et sa première mission ? Examiner ce fameux projet "106E" que les ingénieurs ont gardé secret pendant l'occupation.

Quand Lefaucheux découvre les plans de la petite voiture, il comprend immédiatement le potentiel. Cette 4CV, c'est exactement ce dont la France a besoin : une voiture simple, robuste et abordable pour motoriser les masses. Il donne le feu vert et fixe un objectif ambitieux : 300 voitures par jour à l'horizon 1949.

La naissance de "la motte de beurre"

1947, la production démarre enfin. Et là, premier problème : de quelle couleur peindre ces voitures ? La réponse va donner naissance au surnom le plus célèbre de l'automobile française.

Au titre des dommages de guerre, Renault récupère un stock de peinture jaune-sable qui servait à peindre les chars de l'Afrika Korps de Rommel. Pas le choix, on utilise ce qu'on a ! Résultat : les premières 4CV sortent de l'usine dans cette teinte particulière qui, associée aux formes rondes de la voiture, lui vaut immédiatement le surnom de "motte de beurre".

Et vous savez quoi ? Ce surnom va coller à la peau de la 4CV pendant toute sa carrière. Les Français adorent cette petite chose ronde et jaune qui tranche avec les imposantes voitures d'avant-guerre. Elle est mignonne, accessible, et surtout elle représente l'espoir de l'après-guerre.

Mais au-delà de son look sympathique, la 4CV cache une révolution technique. Pierre Bézier - oui, celui des courbes mathématiques - conçoit pour Renault les premières machines-transferts automatisées. Renault devient le premier constructeur français à adopter les méthodes de production à la chaîne de Ford. C'est cette modernisation qui va permettre d'atteindre les objectifs de production fixés par Lefaucheux.

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L'affaire Ferdinand Porsche - Quand l'ego fait des dégâts

1945, le gouvernement français a une idée qu'il pense brillante : faire appel à Ferdinand Porsche, le créateur de la Volkswagen Coccinelle, pour donner son avis sur la 4CV. L'idée, c'est de s'assurer que la petite française peut rivaliser avec l'allemande.

Sauf que Pierre Lefaucheux, il est furieux. Pour lui, faire venir Porsche, c'est sous-entendre que la 4CV s'inspire de la Coccinelle. Or, la 4CV a été conçue en parallèle, par des Français, dans la clandestinité la plus totale. C'est insulter le travail de ses ingénieurs.

Les réunions ont lieu, Porsche examine la voiture, donne quelques conseils techniques. Mais dès que les obligations politiques sont terminées, surprise ! Ferdinand Porsche est arrêté pour crimes de guerre et expédié à la prison de Dijon où il va passer 20 mois sans procès.

Je dis pas que Lefaucheux y est pour quelque chose, mais bon... disons que l'affaire était réglée de façon très française. "Vous voulez comparer ma voiture à une Volkswagen ? Très bien, mais vous finirez votre séjour en France derrière les barreaux."

Cette petite voiture qui était née de la résistance et qui représentait bien plus qu'un simple moyen de transport : elle incarnait la renaissance de l'industrie française. Et accessoirement, elle allait prouver qu'elle valait largement sa rivale allemande.

Le succès phénoménal

À partir de 1947, c'est l'explosion. La 4CV rencontre un succès que personne n'avait anticipé. Les Français, privés d'automobile pendant des années, se ruent littéralement sur cette petite voiture qui coûte trois fois moins cher qu'une Citroën Traction.

Je dois vous dire, à l'époque, avoir une voiture, c'était encore un privilège. Mais la 4CV change la donne. Pour la première fois, des familles ouvrières peuvent s'offrir une automobile. Des instituteurs, des employés, des petits commerçants découvrent la liberté de mouvement.

Et les chiffres parlent d'eux-mêmes : en 1961, quand la production s'arrête, 1 105 547 exemplaires ont été construits. La 4CV devient la première voiture française à dépasser le million d'unités. Un record absolument incroyable pour l'époque.

Mais ce qui me fascine le plus, c'est que cette petite voiture populaire va aussi se couvrir de gloire en compétition. Parce que oui, la motte de beurre, elle avait du caractère !

Les exploits sportifs - Quand la motte de beurre fait le show

1950, 24 Heures du Mans. Une petite 4CV modifiée prend le départ aux côtés des mastodontes de l'époque. Et vous savez ce qui arrive ? Elle termine 17ème au général. Une petite voiture de 760 kg avec un moteur de 21 chevaux qui tient la distance face aux bolides de course !

L'année suivante, au Rallye de Monte-Carlo, une 4CV version R1063 remporte sa catégorie. Monte-Carlo ! Vous imaginez ? Cette petite chose qui servait à emmener les gosses à l'école se retrouve sur les routes de Monaco à se battre contre des voitures autrement plus puissantes.

Et c'est là que l'histoire devient encore plus belle. Un certain Jean Rédélé, passionné de sport automobile, va prendre le châssis de la 4CV R1063 pour créer son fameux coach A106. Ce coach A106, c'est ni plus ni moins que la première Alpine de l'histoire. Oui, les légendaires Alpine, celles qui vont dominer le rallye mondial pendant des décennies, elles descendent directement de notre petite motte de beurre.

C'est ça qui me plaît dans cette histoire : cette voiture conçue pour Monsieur Tout-le-monde va engendrer une lignée de sportives d'exception. Comme quoi, il suffit parfois d'une bonne base pour faire des miracles.

Rappelez-vous quand la R5 était bien plus qu'une simple voiture populaire - c'était un symbole de liberté et d'indépendance pour toute une génération de Français. Eh bien la 4CV, c'était pareil 30 ans plus tôt. Quand elle est sortie en 1947, personne n'imaginait qu'elle deviendrait l'une des voitures les plus emblématiques de l'Hexagone.

Et vous savez quoi ? Cette 4CV, elle me rappelle pourquoi j'adore les miniatures automobiles. Parce que tenir une petite 4CV au 1/43ème dans ses mains, c'est un peu comme retrouver toute cette époque d'un coup. L'espoir de l'après-guerre, l'ingéniosité française, cette période où tout était à reconstruire.

C'est d'ailleurs pour ça que j'ai ouvert ma boutique BernardMiniatures.fr. J'ai plus de 1500 miniatures en stock, surtout du 1/43ème, avec un focus sur les voitures anciennes des années 1950 à 1999. Bon, je ne suis pas un gros site, alors souvent j'ai qu'une ou deux pièces de chaque modèle, mais c'est aussi ce qui fait le charme. J'ai quelques belles 4CV bien sûr, mais aussi des Dauphine, des R8, des 2CV, des voitures de rallye... un peu de tout quoi.

La livraison est gratuite à partir de 75€ en France, et je fais attention à bien emballer tout ça avec du papier bulle parce que ces petites voitures, ça casse facilement. Allez faire un tour sur bernardminiatures.fr si ça vous dit - et vous verrez, j'ai quelques 4CV miniatures qui valent vraiment le détour.

Maintenant, parlons un peu plus de l'expansion mondiale de cette petite révolutionnaire...

L'expansion internationale - La French Touch à la conquête du monde

Le succès de la 4CV ne se limite pas à la France. Dès 1953, Renault signe un accord avec le constructeur japonais Hino pour assembler la 4CV sous licence au Japon. Une première mondiale pour Renault ! Imaginez : des petites voitures françaises assemblées au pays du Soleil-Levant jusqu'en 1963.

Mais le plus dingue, c'est l'aventure américaine. Environ 170 000 exemplaires vont être exportés aux États-Unis. Alors là, faut voir le tableau : nos petites 4CV de 3,50 mètres de long débarquent sur les routes américaines au milieu des Cadillac géantes et des Chevrolet démesurées.

Bon, je vous rassure, ça n'a pas été un carton monstre. Les Américains trouvaient la 4CV un peu... comment dire... ridicule. Trop petite, pas assez puissante, pas assez clinquante. Mais il y a eu des irréductibles qui ont adoré cette petite française économique et maniable.

Et puis, la 4CV a séduit quelques célébrités. Jean Gabin, par exemple, était dingue de sa 4CV. Il adorait sa robustesse et son côté "pas chiant". Pierre Mendès France, quand il était Premier ministre, utilisait une 4CV pour ses déplacements officiels. Imaginez le symbole : le chef du gouvernement français qui roule dans une petite voiture du peuple plutôt que dans une grosse berline officielle.

C'était ça, l'esprit 4CV. Une voiture qui gommait les différences sociales, qui rendait la mobilité accessible à tous, et qui incarnait parfaitement l'esprit de reconstruction de l'après-guerre.

La fin d'une époque

En 1961, après 14 ans de bons et loyaux services, la production de la 4CV s'arrête. Elle passe le relais à sa digne héritière : la Dauphine. Mais bon, entre nous, la Dauphine n'aura jamais le charme ni l'aura de sa petite sœur.

Parce que voyez-vous, la 4CV, c'était plus qu'une voiture. C'était le symbole d'une époque, d'un pays qui se relevait de ses cendres, d'ingénieurs français qui avaient réussi l'impossible : concevoir en secret, sous l'occupation, la voiture qui allait motoriser la France.

Cette petite motte de beurre jaune avait réussi là où beaucoup avaient échoué. Elle avait démocratisé l'automobile, prouvé que la France savait faire du volume industriel, et même cartonné en compétition. Pas mal pour une voiture née dans la clandestinité, non ?

Et aujourd'hui, quand je vois une 4CV dans la rue - parce qu'il en reste encore quelques-unes qui roulent - je repense à cette époque incroyable. Je pense à Fernand Picard qui mentait aux Allemands, à Pierre Lefaucheux qui transformait une entreprise ruinée en géant industriel, à tous ces Français qui découvraient la liberté automobile grâce à cette petite rebelle.

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L'héritage d'une légende

Soixante ans après la fin de sa production, la 4CV reste dans le cœur des Français. Elle représente cette période bénie où l'industrie française innovait, où nos ingénieurs faisaient des miracles avec trois fois rien, où une petite voiture conçue par des résistants pouvait conquérir le monde.

Parce que au final, c'est ça l'histoire de la 4CV : l'histoire de la résistance française qui ne s'arrête pas à la Libération. C'est l'histoire d'hommes et de femmes qui ont continué à se battre, non plus contre l'occupant, mais pour reconstruire leur pays et lui redonner sa place dans le concert des nations industrielles.

Cette petite motte de beurre, elle portait en elle tout l'espoir de l'après-guerre. Et franchement, mission accomplie. Avec plus d'un million d'exemplaires vendus, des victoires en compétition, et une descendance sportive prestigieuse avec Alpine, on peut dire que la petite rebelle de Billancourt a largement tenu ses promesses.

Alors la prochaine fois que vous croiserez une 4CV, que ce soit en vrai ou en miniature, pensez à cette histoire incroyable. Pensez à ces ingénieurs courageux qui ont risqué leur vie pour dessiner une voiture, à ce résistant sorti de Buchenwald qui a transformé Renault, et à tous ces Français qui ont découvert la liberté au volant de leur petite motte de beurre jaune.

Parce que finalement, la plus belle histoire de la 4CV, c'est peut-être celle-là : avoir prouvé qu'avec du courage, de l'ingéniosité et un peu de culot, on peut transformer un projet clandestin en révolution industrielle. Pas mal pour une petite voiture née dans l'ombre, non ?

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Bonjour et bienvenue sur Bernard Miniatures ! Je suis Bernard, et j'ai le plaisir de vous présenter mon site dédié aux voitures miniatures.