Octobre 1960, une autoroute belge fermée pour l'occasion, et au volant d'une somptueuse Facel Vega HK500, Paul Frère enfonce l'accélérateur. Le V8 Chrysler rugit, l'aiguille du compteur s'affole... 237,154 km/h ! Un record mondial pour un coupé quatre places qui va faire trembler Detroit et Stuttgart. Mais comment diable une marque française inconnue du grand public a-t-elle réussi à créer la voiture la plus rapide du monde ? Et surtout, pourquoi tout s'est-il écroulé aussi vite ?
Je vous raconte aujourd'hui l'histoire de Facel Vega, cette marque française qui a voulu jouer dans la cour des grands du luxe automobile, et qui y est presque arrivée. Une histoire de passion, d'ambition démesurée, et d'une chute aussi spectaculaire que son ascension.
L'homme qui rêvait de concurrencer les Américains
Tout commence avec Jean Daninos, un homme qui avait la passion chevillée au corps. Né en 1906, cet ingénieur avait déjà travaillé chez Citroën sur la mythique Traction Avant - vous savez, cette révolution automobile qui a changé la donne dans les années 30. Mais Jean, il avait une autre obsession : créer une voiture française de grand luxe qui puisse tenir tête aux Jaguar, aux Mercedes, et même aux grosses américaines.
Le problème, c'est qu'en 1954, la France sort tout juste de la guerre. L'industrie automobile française, elle se concentre sur des voitures populaires comme la 4CV ou la 2CV. Le luxe ? Personne n'y pense vraiment. Mais Jean Daninos, lui, il y croit dur comme fer.
Il faut dire qu'il avait déjà une petite expérience dans l'industrie. En 1939, il avait créé FACEL - Forges et Ateliers de Constructions d'Eure-et-Loir - une société qui faisait de la sous-traitance aéronautique. Pendant la guerre, ils fabriquaient même des gazogènes à bois pour les voitures, vous savez ces machins qu'on mettait à l'arrière des bagnoles quand l'essence était rationnée.
D'ailleurs, petite parenthèse, Jean Daninos avait eu un parcours plutôt rocambolesque pendant la guerre. En 1941, il était parti aux États-Unis pour mettre les brevets de son entreprise au service de la General Aircraft Equipment et participer à l'effort de guerre des Alliés. Imaginez le truc : un ingénieur français qui traverse l'Atlantique en pleine guerre pour aider les Américains ! Et puis il rentre en France en 1945 pour reprendre les rênes de son entreprise.
La naissance d'un rêve impossible
Après la guerre, FACEL se reconvertit dans la carrosserie automobile. Ils fabriquent des carrosseries pour Panhard, Simca, Ford... Du beau boulot, mais Jean Daninos, ça ne lui suffit pas. Il veut SA marque, SES voitures.
Et là, j'adore cette anecdote : le nom "Vega", c'est son frère Pierre qui le lui a suggéré. Pierre Daninos, vous le connaissez peut-être, c'est l'auteur des "Carnets du Major Thompson", un bouquin hilarant sur les Anglais vus par un Français. Donc Pierre, il dit à son frère : "Pourquoi pas Vega ? C'est la plus brillante étoile de la constellation de la Lyre, l'instrument d'Apollon, dieu de la Beauté et des Arts." Classe, non ? Facel Vega était né.
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