1962, Salon de l'Auto de Paris. Dans un coin du stand Renault, une petite berlinette bleue attire tous les regards. Pas très haute, pas très large, mais bordel qu'est-ce qu'elle en impose ! Les visiteurs s'arrêtent, tournent autour, et dans leurs yeux on lit la même question : "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?" Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est qu'ils ont sous les yeux la future reine des rallyes, l'Alpine A110. Et moi, rien qu'en pensant à cette voiture, j'ai des frissons.
Mais avant qu'elle ne devienne cette légende du sport automobile français, l'A110 c'est d'abord l'histoire d'un homme qui a eu les couilles de dire non aux conventions. Jean Rédélé, 24 ans, plus jeune concessionnaire Renault de France en 1946. Le mec sort de HEC, il pourrait faire une belle carrière dans la finance, mais non. Lui, ce qui l'intéresse, c'est de faire crier les moteurs sur les routes de montagne.
Et tenez-vous bien, parce que l'histoire du nom "Alpine", elle est magnifique. Rédélé expliquait : "C'est en sillonnant les Alpes à bord de ma 4 CV Renault que je me suis le plus amusé". Voilà, c'est dit. Pas de marketing, pas d'étude de marché, juste un mec qui kiffe conduire dans les virages et qui veut partager ça avec le monde entier. Moi j'trouve ça beau.
Les débuts de la révolution bleue
Alors revenons à cette fameuse A110. En 1962, quand elle débarque, le monde de l'automobile n'a jamais rien vu de pareil. Une carrosserie en fibre de verre - révolutionnaire pour l'époque - qui pèse que dalle : 620 kilos ! Pour vous donner une idée, c'est le poids d'une Smart d'aujourd'hui, mais avec le style d'une GT italienne.
Et le moteur ? Un petit 956 cm³ de R8 qui développe 55 chevaux. Vous allez me dire "55 chevaux, c'est rien !" Mais attendez, faites le calcul : 55 chevaux pour 620 kilos, ça donne un rapport poids/puissance de dingue. Cette petite berlinette, elle accélère comme une fusée.
Je dois vous avouer un truc qui m'a toujours fait marrer : la première Alpine de 1955, l'A106, elle n'était même pas bleue ! Rédélé avait fait trois exemplaires : un bleu, un blanc, un rouge. Le bleu emblématique d'Alpine, il est arrivé par hasard. En 1963, un client commande sa berlinette en "Bleu Panama". Jacques Cheinisse, le futur directeur sportif, trouve la couleur tellement classe qu'il prend la même pour sa voiture. Et voilà comment naît une légende !
Le sorcier de la mécanique
Mais derrière chaque grande voiture, il y a un grand homme. Et pour l'Alpine A110, cet homme c'est Amédée Gordini. Surnommé "Le Sorcier", ce génie italien naturalisé français avait un don : transformer n'importe quel moteur Renault de série en bombe de compétition.
Gordini, c'était l'anti-ingénieur parfait. Là où les autres calculaient, lui il écoutait. Il posait son oreille sur un moteur et il savait exactement quoi faire pour lui faire gagner 20 chevaux. Avec Gordini aux commandes, l'A110 va passer de 55 à 180 chevaux au fil des évolutions. Du moteur R8 au bloc 1800 cm³ des versions Groupe 4, chaque évolution était une petite révolution.
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