Nous sommes en 1971, je roule tranquillement sur l'autoroute A6 dans ma Peugeot 204 quand soudain... VRROOOOOM ! Une forme argentée me dépasse comme si j'étais à l'arrêt. Des phares qui pivotent, une ligne de carrosserie que je n'avais jamais vue, et cette sonorité... bon sang, cette sonorité ! Le temps que je réalise ce qui vient de se passer, l'OVNI automobile a déjà disparu à l'horizon. Ce que je venais de croiser, c'était ça : une Citroën SM, la plus audacieuse des voitures françaises, celle qui allait révolutionner le grand tourisme européen avec un secret bien gardé sous son capot.
Mais avant de vous raconter cette histoire de folie franco-italienne, je dois vous avouer quelque chose. Moi, Bernard, j'ai toujours eu un faible pour ces voitures qui ont marqué l'histoire par leur audace. Des voitures qui ne ressemblaient à rien d'autre, qui bousculaient les codes, qui faisaient rêver toute une génération. Et croyez-moi, la SM, c'est exactement ça : une voiture qui n'aurait jamais dû exister, mais qui pourtant a bien failli révolutionner l'industrie automobile mondiale.
L'union impossible : quand Citroën épouse Maserati
Pour comprendre cette histoire, il faut remonter en 1968. Pierre Bercot, le PDG de Citroën, a une vision : créer enfin un grand tourisme français de luxe. À l'époque, si vous vouliez une voiture française rapide et raffinée, vous étiez mal barré. Facel Vega avait fait faillite quelques années plus tôt, et la DS, malgré toute sa modernité, restait une berline familiale.
Bercot regarde ce qui se fait à l'étranger : les Italiens avec leurs Ferrari et Maserati, les Allemands avec leurs Porsche, les Anglais avec leurs Jaguar. Et nous, les Français ? Rien. Alors cet homme, qui avait déjà osé lancer la révolutionnaire DS quinze ans plus tôt, décide de frapper un grand coup.
Le 1er mai 1968 - oui, pile au moment des événements de Mai 68, comme si le timing n'était pas assez compliqué comme ça - Citroën rachète Maserati. Imaginez la scène : pendant que Paris s'embrase, Bercot signe discrètement l'acte qui va donner naissance à l'une des voitures les plus extraordinaires jamais produites.
Mais attention, ce n'est pas juste un rachat financier. C'est une véritable alliance technologique. D'un côté, vous avez Citroën avec sa suspension hydropneumatique révolutionnaire, sa direction assistée de pointe. De l'autre, Maserati et son savoir-faire en matière de moteurs haute performance. Le mariage de la sophistication française et de la passion italienne.
L'homme qui va tout changer : Giulio Alfieri
Et c'est là qu'entre en scène un personnage absolument central de cette histoire : Giulio Alfieri. Cet ingénieur italien de génie, chef du bureau d'études Maserati depuis 1953, a déjà signé des merveilles comme la 250F de Fangio ou la Ghibli. Bercot lui passe commande d'un moteur spécial pour son projet "Super DS".
Mais accrochez-vous bien, parce que là, ça devient complètement dingue. Alfieri n'a que deux mois pour concevoir ce moteur ! Deux mois pour créer le cœur de ce qui deviendra la SM. Alors, qu'est-ce qu'il fait ? Il prend le V8 de l'Indy, et... il lui retire deux cylindres !
Non, sérieusement, c'est exactement ce qui s'est passé. Enfin, pas vraiment. En réalité, Alfieri va partir d'une feuille blanche pour concevoir un tout nouveau V6 à 90°, mais l'idée de base, c'était bien ça : adapter la puissance Maserati aux besoins français.
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